Les bons et mauvais côtés du Sew’preneuriat

  • 13 minutes de lecture

Pour ce dernier article j’ai décidé de vous poster directement le témoignage de nos 6 créatrices. Être entrepreneuse c’est une succession d’émotions ressenties, de peur, d’angoisse, de (danse) de la joie, de petite victoire, de “j’y suis arrivée”, et de j’en “suis capable”. Les bons et les mauvais côtés du Sew’preneuriat peuvent te faire vivre de véritables montagnes russes.

Si tu as raté les présentations c’est ici. Pour l’aspect juridique et financier c’est par , et enfin concernant leur travail c’est ici.

Quels sont tes sentiments avant de lancer un nouveau patron/collection/livre?

Je résiste bien au stress, avoir été prof et balancé devant une bande d’ado en total impro (bonjour le métiers de prof remplaçant), ça fait relativiser. Ma principale crainte les bugs techniques autour des paiements en ligne. Pour le reste je gère plutôt bien. Mais qu’en est-il de nos créatrices?

  • Katia : Peur
  • Coralie : Pour le moment j’en ai lancé une en septembre 2020. J’étais excitée, heureuse, fière, sans trop réaliser ce qui m’attendait, peut-être le déni aussi. ahaha Actuellement je travaille sur la prochaine collection ainsi que la réedition, je stresse, dans ma tête une petite voix ne cesse de me dire que personne ne sera au rdv et que je compte pour du beurre….puis il y en a une autre qui me dis que je fais ce que j’aime qu’il faut que je me laisse surprendre ^^ VOILÀ VOILÀ….
  • Guillemette : Beaucoup de stress, peur que cela ne plaise pas. Puis de l’excitation aux premiers commentaires.
  • Elisabeth : je suis toujours très enthousiaste
  • Claire : motivée ++
  • Mélodie : Beaucoup d’excitation mais aussi d’angoisse ! Peur de ne pas plaire, que les ventes ne soient pas au rdv…Mais à tort, heureusement 🙂

Mais dans ce cas, comment gérez-vous la peur de l’échec?

  • Katia : Mal?
  • Coralie : Je l’ai, tous les jours, à chaque instant. Je pars du principe que si on essaye pas on ne saura jamais. Je me dis que je fais ce que j’aime, je fais des erreurs, j’apprends et je travaille beaucoup. Il n’y a pas de raison. (Puis je me dis aussi que Beyoncé abandonnerais pas….MDR)
  • Guillemette : Difficilement mais je me répète de faire confiance à la vie.
  • Elisabeth : Je relance très vite un autre modèle, derrière pour ne plus penser à cet échec
  • Claire : J’ai pas peur, j’y vais, j’essaie, je change d’idée … Il faut essayer avant de renoncer
  • Mélodie : En me disant que si ça ne plaît pas, je ferais mieux et serais plus attentive au prochain

Avez-vous ce fameux syndrome de l’imposteur?

Perso je l’ai constamment quand il s’agit d’apprendre aux autres le modélisme alors que clairement c’est toujours moi qui dispensé ce cours à mes classes au lycée, le comble!

  • Katia : Oui… car autodidacte
  • Coralie : Parfois oui, car je n’ai pas de diplôme dans le domaine…et j’ai aussi beaucoup de choses à apprendre encore ! Ça tombe bien j’adore apprendre et transmettre ! Je suis toujours transparente sur ce point. Pour moi, nous sommes sur un métier de pratique, donc ici la pratique compte autant que la théorie.
  • Guillemette : Oh oui ! J’ai toujours la sensation que les autres font mieux que moi. j’ai dû mal à comprendre que j’en sois arrivée là
  • Elisabeth : Non, pas du tout.
  • Claire : non
  • Mélodie : Oui, c’est assez commun de l’avoir j’ai l’impression. En tant que personne créative, j’ai toujours un peu d’appréhension que ce que je créée ne plaise pas.

Dans la création de patron, quelle est la partie que vous trouvez la plus difficile techniquement?

  • Katia : Les données qui ne peuvent pas être déduites mais qui sont des valeurs constantes imposées par la méthode de traçage
  • Coralie : Pour le moment, de ma courte expérience, le plus difficile c’est lorsque je grade et que les points n’évoluent pas comme je le souhaite. J’aimerais aussi grader au delà du 46 j’y travaille, j’ai acheté un super manuel en anglais…et des testeuses qui m’ont fait des retours ! 2022 Maunamé au delà du 46 j’y crois!
  • Guillemette : La gradation est la plus difficile car il faut être certain que cela corresponde à toutes les tailles
  • Elisabeth : Faire en sorte que le vêtements taille bien à différentes morphologies.
  • Claire : Modélisme informatique, parfois on se creuse la tête, les maths quoi !mais j’adore ! Gradation
  • Mélodie : Le tutoriel youtube ! Filmer, enregistrer la voix off, monter la vidéo… Oh la la

Quelle est l’opération que vous aimez le plus dans la partie création de patron?

  • Katia : Le tracé
  • Coralie : Beaucoup ! J’adore la recherches et développement du modèle, réfléchir au stylisme, à l’histoire que je veux raconter, imaginer les looks, matières et couleurs ! Généralement j’ai déjà le produit final en tête. J’aime aussi la parti modélisme quand je réalise la première toile et que ça prends enfin forme !! La partie sur illustrator reste également l’une de mes préférées car j’adore le travail de graphisme : réaliser des DAP, ou encore mettre en page les livrets etc etc…
  • Guillemette : La création papier du premier prototype
  • Elisabeth : La partie patronage sur informatique
  • Claire : Modélisme
  • Mélodie : La partie création pure : chercher l’inspiration, faire des mood board, dessiner le modèle et bien sur : le patronnage !

Et celle que vous aimez le moins?

  • Katia : Toiles
  • Coralie : Remplir les tableaux de mesures (so long quand tu as plusieurs versions)
  • Guillemette : L’écriture du livret
  • Elisabeth : Faire le livret/tutoriel
  • Claire : Mise en page, Faire le plan de coupe et calculer le métrage nécessaire pour chaque taille, je déteste faire ça et je veux pas mettre non plus un métrage trop important pour mes clients pour ne pas qu’ils se retrouvent avec du tissu gaspillé !
  • Mélodie : La gamme de montage, je trouve cela assez long et ennuyeux.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans l’entrepreneuriat?

  • Katia : Être payé pour m’amuser avec des tissus
  • Coralie : Ce que je préfère : La polyvalence de mes activités : podcast, vidéo, blogging, eshop, ateliers, patrons, graphisme, création de contenu. C’est vraiment ce qui me passionne dans cette aventure ! Je suis un vrai couteau suisse.
  • Guillemette : La liberté de mouvement et de tâches. Je peux modeler les journées selon mes envies et mes besoins.
  • Elisabeth : Pouvoir gérer mes horaires
  • Claire : inventer, créer, avoir mille idées et réussir à en concrétiser !
  • Mélodie : L’entrepreneuriat pour moi, c’est une nécessitée pour être épanouie dans ma créativité

Qu’est-ce que vous aimez le moins, ou trouver vous difficile à gérer?

  • Katia : L’esthétique des clients qui n’est pas mienne
  • Coralie : moins glamour : La comptabilité et toute la partie administrative de l’ursaff etc…
  • Guillemette : La programmation de contenu
  • Elisabeth : Les rentrées d’argent régulières.
  • Claire : J’aime pas la compta, passer les commandes fournisseur, prendre du temps à comparer les prix et produits, c’est du temps en moins pour créer !haha !
  • Mélodie : Avoir un planning détaillé sur les actions à mettre en place et quand les appliquer pour faire grandir son entreprise.

Votre entourage comprend-il votre métier?

J’ai posé cette question, car aux dernières vacances, ma mamie (qui m’appelle à chaque premier jour de vacances scolaires avec le désir secret que j’aille la voir) m’a dit “tu es bientôt en vacances, tu vas avoir du temps”… Euh non mamie, je ne suis plus prof et les vacances, je n’en ai plus (ou du moins, j’en prends beaucoup moins.). “Et tu as trouvé un patron ?” (Non mamie on va dire que j’ai un magasin sur internet où je rends services à des gens). Voilà le genre de situation qu’on rencontre toute alors voici les florilèges de nos créatrices de patrons :

  • Coralie : Ça dépend, mes amis oui. Par exemple Margot, ma meilleure amie, et colocataire a été la première à prendre la pose pour Maunamé en 2018. Puis en 2020, elle portait Deepa pour le shooting de la collection Libre ! Elle a aussi son super Totebag, ou encore un t-shirt… Elle incarne vraiment le projet et m’a toujours soutenue ! Elle relie très souvent mes posts, et livrets, je lui demande régulièrement son avis. La dernière fois, j’ai posté une story pour demander l’humeur des cousettes, elle m’a envoyé un message, car elle en avait marre de toujours voir les mêmes photos…hahah. J’ai aussi un ami très cher qui croit parfois plus en le projet que moi-même dans les jours difficile !!! Ça aide, il me soutient beaucoup. J’ai ma petite team d’amis qui est à fond globalement :). Il y a ma petite maman qui me demande encore si je suis payée quand je donne des ateliers…C’est paradoxal, mais un jour, je sais qu’elle comprendra.
  • Claire : J’avoue que je ne sais pas s’ils comprennent tout ! J’ai montré récemment en détail ce que je faisais à des amis qui se posaient la question en leur montrant un produit PDF et pochette, ils ont trouvés ça fou de tout faire seul. Ils ne pensaient pas que je faisais ça de mes petites mains, mais que je faisais de l’achat revente !
  • Mélodie : Je n’ai pas eu forcément beaucoup de soutien ni d’encouragement de la part de mes proches concernant ce projet. Contrairement à mon projet d’e-shop. Je comprends que ça reste assez niche, les gens ne se rendent pas forcément compte de l’intérêt que cela suscite chez les amatrices de couture.

Une anecdote qui vous remplie de joie, de fierté ou de reconnaissance.

  • Katia : Euh…
  • Coralie : Voir Maunamé grandir dans les mains de mes clientes !!! loveeee
  • Guillemette : C’était lors du salon CSF, une jeune fille est venue avec les yeux humides, toute émue de me rencontrer. Nous avons pas mal échangé et elle m’a remercié pour ma personnalité. C’était très touchant.
  • Elisabeth : Que grâce à mon pantalon Douce, les couturières osent enfin se lancer à faire un pantalon.
  • Claire : De voir qu’un ami ingénieur en informatique n’imaginait pas que je vende des produits numériques fait de mes petites mains alors qu’il ne me voyait que couturière derrière ma machine.
  • Mélodie : Voir que mes ventes se font à l’internationale, savoir que quelque part à l’autre bout du monde, une passionnée est en train de coudre ma création ! Et ma communauté, les retours très positifs que j’ai eu au quotidien m’apporte beaucoup de bonheur.

Une anecdote qui vous a donnée envie de tout mettre à la poubelle et d’aller élever des chèvres.

PS : je n’ai rien contre les chèvres, j’en ai deux : Juki et Cannette.

  • Katia : Chaque tentative de faire un pantalon
  • Coralie : Pour le moment, je n’ai pas eu envie de mettre le projet à la poubelle. En 2021, j’ai eu des mois avec un CA de 0. C’était dur, mais je connaissais les raisons. J’ai résolu les causes, conséquences : Je suis satisfaite des deux derniers mois, car j’ai obtenu des résultats suite à mes actions. 🙂
  • Guillemette : J’ai reçu en retour de vacances un mail incendiaire d’une cliente qui s’inquiétait pour sa commande alors que j’avais spécifié mes congés sur le site internet. Ces mots agressifs m’ont atteinte et j’ai mis du temps à décolérer.
  • Elisabeth : Pour le moment, ce n’est pas encore arrivé.
  • Claire : J’ai déjà 2 chèvres dans mon jardin ! Pour l’instant, je n’ai jamais eu envie d’en faire un élevage donc ça va !
  • Mélodie : Pas encore heureusement !

Et enfin et pour finir : que diriez-vous à celles qui voudraient se lancer?

  • Katia : trouve-toi un job alimentaire sympa ou un sponsor 😉
  • Coralie : Je lui dirais que c’est une très bonne idée ! Comme conseil, je lui dirais de ne pas idéaliser l’entrepreneuriat, c’est une aventure riche de vie, avec ses points positifs et négatifs. Qu’il est important de bien s’entourer, vouloir apprendre des nouvelles choses, et être capable de trouver une solution A,B,X, Y. Ne pas avoir peur de l’échec, pour ma part de mon expérience être entrepreneuse, c’est aussi accepter qu’il y a 50% de de chance que ce soit un échec. Mais qu’un échec, ce n’est pas la fin du monde, au contraire, on apprend beaucoup. On a toujours la force de s’en relever, il faut être près à AGIR !! 🙂 Pour ma part, l’entrepreneuriat et Maunamé ont vraiment défini qui j’étais et ce que je souhaitais dans ma vie professionnelle.
  • Guillemette : Fonce ! Cela en vaut la peine.
  • Elisabeth : Lance-toi, mais sache que tu travailleras plus dur que si tu es employée.
  • Claire : vas-y fonce on a qu’une vie ! Il faut essayer !
  • Mélodie : Go ! Qu’il y a une place pour tout le monde, et que c’est tellement enrichissant. On donne, mais on en apprend beaucoup en retour également.

Sur ces quelques mots et cette succession de 4 articles, vous avez désormais pas mal de réponses pour savoir si le Sew’preneuriat pourrait te convenir. Alors tu fais quoi?

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